Incipit d'amos os par Christian Estevez

     Du matin au soir, brille, au dehors, une lumière qui n'a aucune idée qu'elle est lumière. Elle traverse le temps de mon existence, de son levé à son couché, éclairant mes jours à une vitesse si fulgurante qu'elle n'a pas conscience, un seul instant, qu'elle fait de ma vie un simple battement de paupière dans l'éternité de son existence à elle. Sa radiance me procure tout ce qui m'est nécessaire à l'éclosion, la maturité et le déclin naturel de la vie de mon être, le temps que moi, homme, j'appelle « une longue vie bien remplie ».


     Que j'aimerais attraper cette lumière, l'arrêter dans sa course et la fixer à jamais dans mon monde, au cœur de ma vie ! Non pas pour la faire ma prisonnière - la faire uniquement mienne -, mais, simplement, pour qu'elle puisse prendre conscience de sa nature lumineuse et de l'essence d'élément le plus primordial à ma raison d'être, à l'assujettissement – tant nécessaire que volontaire – qu'est celui auquel j’enchaîne le don inné que j'ai reçu de ce furtif instant d'amour infini à ressentir et à donner.

     Et alors, peut être aurais-je la chance qu'elle m'intègre en elle, faisant de moi une parcelle d'elle et de sa nature aux multiples infinités, afin que, à nouveau, poursuivant la course sans fin de son existence, celle-ci devienne également la mienne, et que, partout où nous passerons, quiconque nous verra vienne à s'exclamer : « Regardez ! Du matin au soir, brille, au dehors, une lumière qui n'a aucune idée qu' ILS SONT lumière ! ».


Christian Estevez
25 avril 2010, Essonne – France



composé en vingt (20) minutes, à partir d'un incipit* de « Seule la mer », de Amos Oz


*Incipit (prononciation : « inkipite ») : « début », en latin. En règle générale, première phrase d'une œuvre, mais aussi : premier paragraphe, première phrase d'un chapitre.
 

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